L'articulation
est à la musique ce que l'accent est à la parole ; c'est
elle qui rend le jeu clair et intelligible. Elle répand
une grande variété dans l'exécution sans laquelle la
musique serait incompréhensiblé et monotone. Il y a
deux modes d'articulation : le coulé et
le détaché, staccato.
Le
premier s'indique par une ligne courbe placée dessus
ou dessous un groupe de notes. Il faut, dans ce cas,
couler toutes les notes, en attaquant seulement la première
avec la langue (voir l'exemple
1).
Le
second ou le détaché est indiqué par des
points ronds ou allongés placés dessus ou dessous chaque
note, ce qui veut dire que chaque note doit être attaquée
par un coup de langue sec ou très court.
La
différence entre les points ronds ou
allongés est que : les notes marquées de points
allongés (voir l'exemple
2 - n°1)
doivent être attaquées d'une manière brève (comme dans
l'exemple
2 - n°2),
tandis que celles marquées de points ronds
(comme dans l'exemple
3),
tout en étant exécutées chacune distinctement, doivent
cependant être attaquées par un coup de langue moins
prononcé (un coup de langue bien net et vif est certes
une des grandes ressources de l'articulation ; mais
il ne faut pas en abuser, car alors il devient fatigant
et monotone pour l'auditeur. La nature du son du hautbois,
qui est toute de sentiment, se prète moins que tout
autre instrument à ce genre d'articulation ; ce n'est
qu'en l'employant avec modération et discernement qu'on
parvient à produire l'effet désiré).
Il
y a aussi un autre mode d'articulation qui réunit les
deux signes (voir l'exemple
4).
Toutes les notes de cette phrase doivent être accentués
par un coup de langue mou, qui participe du détaché
et du coulé, c'est à dire qu'il ne doit pas y avoir
de séparation entre ces notes qui conservent toute leur
valeur.
Les
élèves devront étudier avec soin ces quatre modes différents
d'articulation, car ils contribuent à varier le jeu
et donnent les éléments d'une bonne exécution.
Dans
les diverses manières d'articuler certains passages,
il en est de préférables ; c'est au bon goût à choisir
ce qui convient le mieux au caractère de la phrase musicale
(voir les exemples
5 n°1
et n°2).
Dans
les passages rapides composés de trois notes et qui
doivent être exécutés avec vigueur, le n°1 de l'exemple
5 doit avoir la préférence, comme étant le plus convenable
au hautbois.
Dans
les passages composés de quatre notes comme dans les
exemples
6 - n°1,
n°2
et n°3,
le n°1
est
celui qui fait le plus d'effet sur le hautbois, tandis
que le n°3
est préférable pour la rapidité d'exécution.
Dans
les passages composés de six notes comme dans les
exemples
7 - n°1,
n°2
et n°3,
le n°1
est
préférable ; on fera mieux de prendre le n°3
dans les mouvements très rapides.
On
peut se servir de l'un ou l'autre de ces modes d'articulation
; le choix dépend de la nature du passage à exécuter
et de la rapidité du mouvement dans lequel on joue.
|