Le
hautbois possède pour les solos les qualités les plus
précieuses. Il réunit la délicatesse et la force à la
douceur et la souplesse des sons ; ce qui lui permet,
plus que tout autre instrument, d'exprimer les divers
sentiments de l'âme ; c'est sans doute pour cela que
les compositeurs l'emploient plus fréquemment que les
autres.
Dans
un orchestre, le hautbois est indispensable ; son timbre,
sui generis, qui participe à la fois et des instruments
à corde et des instruments à vent, fait qu'on le distingue
au milieu de tous.
Beaucoup
d'essais ont été faits pour améliorer les sons et le
doigté du hautbois.
Le
système de Boehm, malgré quelques améliorations de doigté,
n'a été adopté que par un très petit nombre d'artistes
; son insuccès est dû à ce qu'il ne conserve pas le
son traditionnel du hautbois si goûté par les amateurs.
La
portée de l'instrument est comprise entre le si bémol
grave et le sol in alto. Il possède quinze clefs,
plus diverses branches additionnelles. Grâce à l'allongement
du pavillon, le hautbois possède une uniformité de sons
qui permet à l'instrumentiste d'attaquer avec plus de
sûreté les notes hautes, comme mi et fa,
au-dessus des lignes.
Je
conseille aux personnes qui ont besoin d'un hautbois,
de s'attacher plus particulièrement à la qualité de
l'instrument qu'à ce qui est une simple affaire de luxe,
et surtout s'assurer si l'instrument possède les clefs
indispensables pour une bonne exécution ; car, sur un
instrument incomplet, on contracte de mauvaises habitudes
de doigté, dont il est ensuite fort difficile de se
défaire.
Lorsque
les élèves voudront acquérir un instrument, ils feront
bien de prendre l'avis d'un maître ou d'une personne
expérimentée, car c'est une erreur de croire que pour
commencer l'étude du hautbois on peut impunément se
servir d'un instrument défectueux.
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